Le calendrier de l’audit et du contrôle interne est traditionnellement rythmé par des pics de tension intenses : la phase d’intérim des commissaires aux comptes (souvent en octobre-novembre), les campagnes d'auto-évaluation ou de grandes campagnes de contrôles de fin d’année. Pour de nombreuses directions financières, ce modèle « par vagues » est synonyme de surcharge et d'inefficacité. Sans une approche de monitoring en parallèle, l'organisation s'expose à un retard structurel dans l'identification des anomalies et à une vision fragmentée de ses risques.
Alors que l'exercice 2026 démarre, il est temps d’analyser pourquoi le modèle traditionnel des campagnes de contrôle s’essouffle et comment le contrôle continu s’impose désormais comme le nouveau standard de performance.
Dans la plupart des organisations, le contrôle interne s'active massivement pour valider l'efficacité des dispositifs seulement lors de certaines périodes de l’année. Au-delà du simple défi de calendrier, ce mode de fonctionnement génère quatre frictions majeures :
Mener des tests de contrôle sur une période courte oblige les équipes à solliciter massivement les opérationnels. Déjà accaparés par leurs quotidiens ou leurs objectifs de fin d'année, ils perçoivent ces demandes comme une contrainte administrative. Résultat : une dégradation de la qualité des échanges et des justifications collectées.
Faute de ressources, beaucoup d'équipes optent pour un contrôle partiel ou tournant (un sujet audité tous les 2 ou 3 ans). Si cette méthode semble justifiée par des effectifs restreints, elle crée des zones d'ombre dangereuses dans un environnement où les données et les risques évoluent chaque jour. Un risque non surveillé pendant 24 mois est un risque non maîtrisé.
Investiguer en novembre une anomalie survenue au premier trimestre est un défi. Les interlocuteurs changent, les contextes s'oublient. Le risque n'est plus seulement l'anomalie, mais l'incapacité à fournir une preuve probante sur un événement vieux de neuf mois.
Une faille de séparation des tâches (SoD) ou une erreur de master data détectée lors d'une campagne 8 mois après l’anomalie signifie que l'organisation a été exposée pendant presque tout l'exercice. Le contrôle ponctuel constate le risque, mais il arrive trop tard pour en limiter l'impact financier ou opérationnel.
Conseil d’expert : Une campagne de contrôle réussie n'est pas celle qui déterre le plus d'erreurs a posteriori, mais celle qui permet d'assainir les processus en temps réel pour sécuriser l'arrêté financier.
Le Contrôle Continu (Continuous Control Monitoring) consiste à automatiser la surveillance des flux et des données ERP (Achats, Ventes, Stocks, Master Data) tout au long de l'année. Pour les directions de l'Audit, les bénéfices sont transformateurs :
Avec une solution servant de « cockpit » central des contrôles, le dossier de preuve se constitue au fur et à mesure. Avec Eye2Scan, chaque anomalie détectée génère un workflow de justification immédiat. Au moment de l’audit intérimaire, externe ou d’un contrôle AFA, la majorité du travail de documentation est déjà prête. Vous n'avez plus à « courir »après les preuves.
Plutôt que de se limiter à des contrôles par échantillonnage manuel, le contrôle continu analyse 100 % des transactions. Cela permet aux auditeurs et contrôleurs de se concentrer sur les signaux faibles et les risques à forte criticité, apportant ainsi une valeur conseil bien plus élevée à la Direction Générale.
Vous ne vous contentez plus de noter l'absence d'un bon de commande ; vous identifiez le contournement avant qu'il ne se généralise et mettez en place les mesures de remédiation aussitôt.
Le contrôle continu offre aux Commissaires aux Comptes et aux superviseurs (type AFA) une vision transparente et structurée de la maîtrise des risques. En démontrant que vos contrôles tournent chaque mois et sont documentés en temps réel, vous renforcez la confiance et facilitez la validation de l'environnement de contrôle.
Faut-il pour autant supprimer les campagnes de contrôle ? Pas nécessairement. Non. La valeur réside dans la combinaison des deux approches. Les campagnes restent pertinentes pour évaluer la culture de contrôle ou des processus non quantifiables. Cependant, déléguer la surveillance transactionnelle au contrôle continu change la nature de votre mission :
La transition vers le contrôle continu est une évolution agile de vos outils :
Le contrôle interne n'est plus une « campagne »saisonnière, c'est une hygiène quotidienne. En 2026, la performance d'une direction d'audit ne se jugera plus à sa capacité à remplir des check-lists enfin d'année, mais à sa faculté de prévenir les risques avant qu'ils n'impactent le bilan. Le contrôle continu est l'outil de cette transformation : il transforme une obligation de conformité en un levier de pilotage en temps réel.
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